Novembre avec Antoine Bertal-Musac

BONJOUR – BONSOIR

Après avoir découvert Antoine Bertal-Musac, au travers de son oeuvre, Un amour de cochon, je souhaitais grandement vous le faire connaître un peu plus. D’où ce nouveau rendez-vous : « La Rencontre du mois ». Pour le mois de novembre, c’est avec cet auteure que j’inaugure ce nouveau thème sur mon blog. Je suis vraiment impatiente de vous faire rencontrer cet auteur : j’ai adoré Un amour de cochon qui est vraiment porteur de sens et de messages.

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LET’S GO

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Q : Bonjour Antoine, pourriez-vous vous présenter auprès des lecteurs ?

_______Je suis né et j’ai grandi dans le sud de la France, près de Nîmes. Après un bac littéraire, je me suis inscrit à la faculté de droit de Montpellier car je ne savais pas très bien vers quoi m’orienter. J’ai rapidement abandonné les études supérieures pour tenter de gagner ma vie convenablement. J’étais perdu, je n’avais développé aucune compétence particulière et je n’avais aucune idée précise de ce que je voulais devenir. Alors, en attendant d’avoir une révélation, j’ai multiplié les petits boulots, ouvrier, manutentionnaire, représentant, magasinier mais sans jamais trouver ma voie. À 27 ans, j’ai passé un concours de la fonction publique et aujourd’hui j’occupe un poste de cadre dans l’administration d’Etat. Je vis à Créteil depuis peu. Je suis père de trois enfants et je suis en couple avec Marion Lécardez, qui est aussi l’illustratrice de mes couvertures.

Q : L’écriture a-t-elle été une évidence pour vous ? Depuis combien de temps écrivez-vous ?

_______Avant l’écriture il y a la lecture et le plaisir immense procuré par les émotions qu’elle véhicule. J’ai commencé à lire très tôt des livres d’imagination, ceux de Jules Verne et l’île au trésor de Stevenson. Je lisais les incontournables de la bibliothèque verte sans oublier la bibliothèque rose avec Fantômette notamment. Ces romans me faisaient rêver, entrevoir de nouveaux univers. Lire était toujours un plaisir récompensé. Je m’endormais en essayant d’imaginer la suite de l’histoire que j’étais en train de lire. Puis, vers l’âge de 14 ans, j’ai commencé à tenir ce qui aurait pu s’apparenter à un journal mais qui n’en était pas un. C’était plutôt un exercice qui consistait à matérialiser sur le papier mes pensées les plus variées. J’étais à la recherche de moi-même. Ainsi mes pensées prenaient forme et je pouvais mieux les contempler et les interroger. C’était une façon d’éprouver ma propre existence. J’existais puisque je pensais… Puis vers 16 ans, j’ai décidé d’écrire une roman. Pourquoi ? Parce que j’aimais les mots. J’ai commencé l’apprentissage de l’écriture, seul, devant ma feuille et en lisant beaucoup. Je suis un autodidacte. J’ai écrit cinq romans d’apprentissage, me suis essayé à la poésie que j’ai vite abandonnée. Puis le tourbillon de la vie m’a éloigné de la plume et j’ai cessé d’écrire. L’idée de devenir écrivain m’a toujours trotté dans la tête mais je savais que je n’étais pas encore prêt pour cela. Il a fallu attendre de nombreuses années avant que je me remette à écrire. J’ai rédigé cinq nouvelles qui ont été publiées en 2012 aux éditions Jets d’Encre et qui marquent véritablement le départ de ma carrière d’écrivain. Avec ces nouvelles, j’ai trouvé mon style. Mon écriture était enfin arrivée à maturité.

Q : Pour vous, quel est le plus grand défi que suppose l’écriture ?

_______L’écriture est un art difficile et ingrat. Difficile car il suppose de la technicité et ingrat parce que la difficulté qu’on a réussi à surmonter n’est jamais apparente (pages griffonnées que le lecteur ne verra pas). Un livre qui aura demandé des mois d’efforts sera lu en quelques heures et le lecteur ne saura jamais que l’auteur a peiné à écrire le chapitre 23, qu’il a réécrit 12 fois ce paragraphe avant d’en être satisfait, qu’il a hésité entre ces deux mots, qu’il avait envisagé un temps une fin différente, un autre dénouement. Les défis de l’écriture sont protéiformes selon ce que représente la littérature pour nous. Doit-elle rendre compte de la réalité ou au contraire nous en distraire ? Doit-elle nécessairement véhiculer un message ou se concentrer sur l’esthétique ? Chaque auteur est responsable de son texte et libre d’y mettre ce qu’il veut et chaque lecteur saura y puiser ce dont il a besoin. L’écriture est un art magique et puissant capable de véhiculer des émotions fortes, de faire naître des idées, des théories, capable de convaincre et de tuer. L’écriture doit être le reflet de l’auteur, en concordance avec sa philosophie de vie, ainsi il attirera à lui des lecteurs qui lui ressemblent et il se créera entre eux une alchimie secrète, une alliance sacrée.

À travers mes écrits, je souhaite délivrer des messages, forcer le lecteur à s’interroger sur certains sujets et tenter de le convaincre que la vie est précieuse et qu’il faut oser l’audace pour réaliser ses aspirations les plus folles. Que risque-t-on à essayer ? Nous sommes déjà condamnés à mourir.

Q : Votre livre, Un amour de cochon, semble dévoiler une intrigue tout à fait « banale » aux premiers abords. Pourtant, de réels enjeux y sont disséminés au fil des pages. Vous inspirez-vous de faits personnels ou tout ne reste que fiction et imagination ?

_______Il y a toujours une part d’imagination dans les livres et une part de réalité. L’écrivain se nourrit de tout. De ce qu’il vit, de ce qu’il sait, de ce qu’il entend ou voit, de ce qu’on lui rapporte. C’est une éponge. Les sens constamment en éveil, il absorbe les informations puis les restitue à l’occasion, de manière déformée. Il embellit, modifie, adapte à son discours. Il est Dieu et en tant que tel tout lui est permis : rendre compte de la réalité ou inventer une histoire de toutes pièces. Il est libre et tout puissant. Il y a toujours une part de réel dans mes livres même si l’imagination y occupe un rôle majeur. Je pense que le roman doit nous apporter quelque chose de nouveau, qui sorte de l’ordinaire. Il doit nous permettre de nous identifier et de nous évader, tout en procurant du plaisir. Un amour de cochon démarre de façon banale et l’intrigue se dessine peu à peu, au fil des pages jusqu’à atteindre son point d’orgue. Beaucoup de couples vivent ce genre de drame chaque jour. J’aurais très bien pu rester dans le domaine de l’ordinaire mais je voulais entraîner le lecteur à ma suite dans une direction insoupçonnée pour le sensibiliser sur certaines dérives de notre société puis lui offrir un dénouement inattendu. J’ai écrit ce livre tel que je désirais le lire.

Q : Aviez-vous à cœur de faire passer un message au travers de ce roman ? Je pense notamment à cette fin qui bouleverse tout…

_______ Oui, mes textes contiennent toujours un message. Dans Un amour de cochon, il y a plusieurs messages qui seront appréciés à leur juste valeur par chaque lecteur en fonction de leur sensibilité. L’amour est un sentiment noble et supérieur. Il doit prévaloir sur le reste. Nous sommes seulement de passage sur cette terre, il est important de savoir bien vivre. Le don de soi est un acte d’amour louable et j’aime assez l’idée que c’est celui qu’on imagine le plus faible qui accomplit l’acte le plus fort. Je ne rentre pas dans les détails au risque de révéler l’intrigue du livre même si l’on sait que ça concerne une transplantation cardiaque illégale. Ce livre aborde également le sujet clivant de la fatalité. Notre existence est-elle programmée ou sommes-nous le seul capitaine sur notre navire ? J’essaie d’apporter des pistes de réflexion au regard de mes expériences.

Q : Avez-vous de nouveaux projets d’écriture ?

_______Mon deuxième roman intitulé Les rivières éphémères paraîtra le 1er mars 2019 chez le même éditeur, les éditions du masque d’or. Ce roman est antérieur à Un amour de cochon. Il est construit autour de l’axe du mensonge. Et de l’amour bien évidemment. Je suis en train d’écrire un troisième roman dont je dévoilerai l’intrigue à l’occasion de sa parution.

Q : Pour finir, question plutôt controversée : quel est le livre que vous n’écririez jamais ?

_______Quand on se lance dans l’écriture d’un livre, il faut se poser plusieurs questions. Ecrire sur quoi ? Pourquoi ? Quel est l’intérêt du sujet ? Quel est mon message ? Est-il pertinent ? Fait-il écho à un sujet de société ? A ma vie personnelle ? Etc… Certains sujets emportent immédiatement l’adhésion tandis que d’autres sont plus discutables. Avant de se lancer dans l’écriture, il faut effectuer un travail très personnel sur soi, comprendre qui on est, comment on se situe par rapport aux autres ou à la société. Il faut se connaître et prendre conscience de ce que l’on est capable d’apporter…. Je n’écrirais donc jamais un livre qui ne me ressemblerait pas.

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J’espère que cette interview vous a plu ! Merci pour votre lecture et prenez bien soin de vous.

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2 commentaires sur « Novembre avec Antoine Bertal-Musac »

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