Cogito – Victor Dixen

Le nouveau roman de Victor Dixen est en librairie depuis la fin du mois de mai et je viens donc vous en parler. J’ai bien aimé ce roman, dont le sujet était très sympathique à découvrir, mais ça n’a pas été un énorme coup de cœur non plus. Dans tous les cas, je pense qu’il faut le lire pour se faire une idée précise de l’univers dans lequel nous plonge l’auteur.

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I N F O R M A T I O N S
Cogito – victor dixen
2019
ÉDITEUR : COLLECTION R – ROBERT LAFFONT
NOMBRE DE PAGES : 544
GENRE :  Science-fiction / Thriller
THEMES : intelligence artificielle / futuriste /
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★★★★

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RÉSUMÉ

Un don du ciel… 
Roxane, dix-huit ans, a plongé dans la délinquance quand ses parents ont perdu leur emploi, remplacés par des robots. Sa dernière chance de décrocher le Brevet d’Accès aux Corporations : un stage de programmation neuronale, une nouvelle technologie promettant de transformer n’importe qui en génie.
…ou un pacte avec le diable ? 
Pour les vacances de printemps, Roxane s’envole pour les îles Fortunées, un archipel tropical futuriste entièrement dédié au cyber-bachotage. Mais cette méthode expérimentale qui utilise l’intelligence artificielle pour « améliorer » la substance même de l’esprit humain est-elle vraiment sûre ? En offrant son cerveau à la science, Roxane a-t-elle vendu son âme au diable ?
Demain, l’intelligence artificielle envahira toutes les strates de la société.
L’ultime frontière sera notre cerveau.

AVIS

Ah le nouveau Victor Dixen qui n’a cessé de faire grand bruit avant sa sortie, puis qui fait bien parler de lui maintenant qu’il est disponible. En me plongeant dans cette lecture, je n’étais pas totalement dans l’inconnu puisque j’avais déjà « expérimenté » la plume et l’univers de l’auteur au travers de sa saga Phobos et c’est avec assez d’impatience que je voulais commencer son nouveau roman qui promettait quelqu’un chose de glaçant. Ici, nous sommes loin de l’exploration spatiale mais nous avons fait un gros bond dans le futur, là où l’automatisation du travail fait feu et où l’Intelligence Artificielle peuple le paysage quotidien des hommes. Le taux de chômage est ahurissant, le BAC est une chose totalement dépourvue de sens, les robots sont présents partout, même à la laverie : bref, l’auteur ne lésine pas sur cette vision où la technologie a surpassé l’homme. Au milieu de tout ça, Roxanne, une adolescente perdue et seule, avec des relations familiales désastreuses tout comme ses résultats scolaire. Une brèche d’espoir semble apparaître pour la jeune femme quand celle-ci est acceptée pour le stage Science Infuse et qu’elle obtient une bourse du grand organisme Noosynth. Cap sur les Îles Fortunées, au nombre de 7 au total, chacune ayant son petit nom. Cadre paradisiaque, une trentaine d’adolescents coupés du monde pour être les ambassadeurs de demain… Roxanne trouve qu’elle fait un peu « tâche » dans ce décor, entourée des fils et des filles à Papa, ultra riches et ayant déjà l’assurance d’hériter de l’empire du paternel. En s’élançant pour le stage de Science Infuse, durant une semaine, Roxanne était loin d’imaginer qu’elle prendrait autant de recul sur elle-même et sur le monde qui l’entoure.

Ce stage représente en effet la dernière chance de la jeune femme : l’offre proposée est alléchante, il ne faut pas se leurrer. Grâce à des neurobots introduits par voie sanguine, la grande intelligence artificielle de l’île, OmnIA, pourra procéder au transfert de toutes les connaissances voulues durant la nuit : mémoriser un programme de philo entier durant son sommeil, parler parfaitement le chinois ou l’anglais, devenir un pro du karaté… Le milliardaire et grand cerveau proposant ce programme voit les choses en grand. Roxanne se retrouve complètement déboussolée face à ce nouveau futur : de sa simple volonté, elle peut commander et décider quels dons elle voudrait posséder… Mais à quel prix ? En arrivant sur l’île, la jeune femme est étonnée de voir tous les robots l’entourant, et notamment des robots plus vrais que nature, parfaitement humain selon leur allure et aspect… Il va falloir pouvoir démêler le vrai du faux, ce qui a rendu ce bouquin étonnamment surprenant, je dois dire.

Ce n’est pas une surprise mais j’aime beaucoup la plume de Dixen et encore une fois, comme ce fut le cas pour Phobos, on ressent vraiment ce travail de recherches et de réflexion mené. D’ailleurs, avec Cogito, l’histoire se passe après Phobos et on a une petite allusion à la saga au cours de notre lecture, ce que je trouve assez sympa finalement, car l’auteur propose une continuité à ses écrits. Le seul bémol que je puisse trouver à Cogito finalement, c’est d’être basé sur le même scénario « catastrophe » qu’on connaît bien, à savoir la rébellion des robots contre les hommes. Cependant, on fait vite impasse sur ce détails car le cheminement de pensée emprunté par l’auteur est génial et on le suit pas à pas, sans trop savoir où cela nous mènera, même à la fin du roman. J’ai adoré la réflexion menée sur l’Intelligence Artificielle, sur la place de la technologie dans nos sociétés et dans nos vies. Ici, les stagiaires se voient proposer « la boîte de Pandore » avec la possibilité d’acquérir des talents/dons… Mais Victor Dixen montre bien que même si le talent est assimilé dans le cerveau, il manque l’essentiel : l’émotion qui est censé accompagner le geste. Avec Cogito, on suit pas à pas une réflexion menée et on peut voir les réticences de certains des personnages, dont Roxanne. Elle est d’ailleurs un personnage très intéressant mais surtout complexe, parfois je ne vous cache pas qu’elle m’énervait un peu par son cheminement de pensée : rabattre la faute sur les autres, sur le système, sur l’ascension de la technologie et des robots dans la société, sans jamais qu’elle ne se remette en question. Encore une fois, son « background » était… ah comment dire ? Prévisible, voire assez banal finalement : sa maman est décédée alors qu’elle était proche d’elle, son père tombe dans l’alcool, ses résultats scolaires chutent et elle se retrouve à faire des vols ou des braquages. J’ai été un peu dérangée par ce « vu et revu ». Cependant, l’auteur nous montre à quel point c’est un personnage qui mûrit, qui porte un nouveau regard sur la vie et sur le monde qui l’entoure.

Les 300 premières pages étaient longues, je ne vous le cache pas. D’un côté je comprends, puisque l’auteur a besoin de planter son décor, de planter les bases de ce nouveau monde, du nouveau mode de vie. Mais il y avait certaines longueurs j’ai trouvé, car finalement durant cette mise en place du décor, je ne retiens pas grand chose, sauf les soirées virant à la catastrophe sur la plage, les réflexions de bas-étage sur la supériorité des gens « riches » sur les personnes plus modestes… Mais encore une fois, c’est compréhensible puisque de nombreuses explications devaient être fournies. Un autre point qui m’a perdu c’était toutes les explications « scientifiques » autour des intelligences artificielles et des robots : heureusement qu’il y avait des schémas parce que sinon je passer, à 90% sûr, à côté de certains passages clés pour comprendre l’intrigue de Victor Dixen. J’ai adoré pouvoir lire certaines réflexions philosophiques, entre Descartes et Rousseau, ça m’a fait une légère piqûre de rappel de mon programme de philo d’il y a 3 ans. Alors même si l’auteur joue beaucoup sur les termes techniques pour créer cette ambiance « High Tech », il n’oublie pas de vulgariser ses propos en même temps, c’était assez prévoyant. Après ce « petit creux » du début de l’oeuvre, les choses sérieuses arrivent et y’a enfin du concret ! Alors tout arrive à la suite, n’espérez pas trop reprendre votre souffle les amis car je peux vous dire que vous ne verrez pas les pages restantes défiler. J’ai beaucoup aimé le dénouement de l’histoire, comment le scénario catastrophe était mené et comment les personnages prenaient de plus en plus d’ampleur au fil des pages. Un peu déçue de ne pas avoir ressenti plus d’ambiance « amoureuse » dans ce roman, mais c’est juste que je reste une éternelle romantique, même quand l’apocalypse semble être présente…

Au fil de notre découverte de ce « nouveau monde », on comprend que toute la population est loin d’appréciée cette dépendance vis à vis des robots, cette automatisation du travail. Parce que, avouons le, je pense que je serai loin d’être heureuse si un robot était placé au-dessus de moi hiérarchiquement. Pourtant, c’est ce qu’il se passe ici, les robots font tout, exaucent vos souhaits : création d’émission de télé-réalité sur mesure notamment, la belle vie… Mais dans ce merveilleux monde, une zone résiste farouchement à ce type d’asservissement. Se fondant sur les principales moraux et philosophiques de Rousseau, la « Zone franche », les « Affranchis » vivent reclus, en revenant au plus près de « l’état de nature » et en suivant de strictes coutumes, traditions, mœurs. L’auteur nous montre également que de nombreux affrontements prennent place et que les îles fortunées sont un peu dans l’illégalité finalement puisque le programme neuronal révolutionnaire, contourne les lois. Le fondateur espère se servir des trois boursiers, Roxanne, Faune et Lorenzo pour que ceux-ci lui fassent une pub d’enfer et qu’ils puissent mettre sur le marché les neurobots et tout le tralala.

Honnêtement, avec du recul, je me dis que j’ai assez bien aimé cette lecture. Victor Dixen met en lumière les nombreux conflits qui existent dans cette société, en pointant un problème lié à l’éducation, mais aussi à notre dépendance pour les nouvelles technologies. Le scénario de Cogito me fiche un peu la trouille et j’espère sincèrement qu’on ne se rapprochera jamais de ce que décrit l’auteur, sauf peut-être pour l’idée d’inter-changer notre selfie avec le visage du personnage principal d’un film, j’avoue que cette idée est pas trop mal ! Quant à la mise en page du livre, je n’ai rien à redire car celle-ci est sublime. J’ai quand même eu un petit arrière goût d’Illuminae sur la fin, mais ce n’était pas désagréable. L’auteur nous offre une fin ouverte mais en restant raisonnable donc ça va, on ne souffre pas trop de finir le livre. En y repensant, un autre point m’a dérangé : le haut niveau de stéréotypes concernant les stagiaires : entre la fille pleine aux as, qui prend tout le monde de haut, trois garçons machos et j’en passe… Sur le coup, ça m’a un peu freiné ! Mais heureusement, l’auteur se rattrape progressivement en donnant plus d’ampleur à tout ce petit monde.

Un roman d’anticipation sympathique mais parfois prévisible ! Je suis quand même heureuse d’avoir lu un autre livre de cet auteur, je pense me replonger dans Phobos très prochainement…

Merci pour votre lecture et prenez bien soin de vous.

6 commentaires sur “Cogito – Victor Dixen

  1. Ce roman ne me fait pas plus envie que ça, par contre j’ai adoré ta chronique ! J’avoue ne pas avoir compris grand chose au résumer et avec ta chronique j’ai ENFIN capté de quoi ça parlait concrètement et vraiment x) Une super chronique ♥

    Aimé par 1 personne

    1. Oh merci beaucoup !! Je suis contente si tu as compris quelque chose. C’était tellement dur d’écrire cette chronique en plus, j’étais à l’ouest la moitié du roman comme je pigeais pas grand chose à la science et tout mdrrr Mais merci beaucoup, au plaisir !

      Aimé par 1 personne

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