Le Patient – Timothé Le Boucher

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Une vraie découverte avec ce roman graphique, Le Patient m’a apporté frissons et horreur, tout à la fois. Sensations auxquelles je ne suis pas des plus habituée mais pourtant j’ai adoré cette lecture.

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I N F O R M A T I O N S
Le patient – timothé le boucher
2019
ÉDITEUR : glénat 
NOMBRE DE PAGES : 296
GENRE :  thriller / bande-dessinée
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Éditeur de talents

★★★★★

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RÉSUMÉ

 A quoi bon se souvenir qu’on a vécu l’enfer ?

La police arrête une jeune fille errant dans la rue, couverte de sang, un couteau à la main. En se rendant chez elle, les agents découvrent avec effroi une scène de massacre : toute sa famille a été assassinée… 6 ans plus tard, Pierre Grimaud, l’unique survivant du « massacre de la rue des Corneilles », se réveille d’un profond coma. L’adolescent de 15 ans qu’il était au moment des faits est aujourd’hui un jeune homme de 21 ans. Désorienté, encore paralysé et souffrant d’amnésie partielle, il est pris en charge par le docteur Anna Kieffer, psychologue spécialisée sur les questions de criminologie et de victimologie. Pendant leurs séances, Anna tente de l’amener à se souvenir des circonstances du drame, malgré ses pertes de mémoire. Pierre lui évoque la présence mystérieuse d’un « homme en noir » qui hante ses rêves, probable réponse inconsciente à son traumatisme. Après plusieurs rendez-vous, Anna découvre en Pierre un être sensible et très intelligent. Touchée par son histoire, elle se met même à le prendre en affection. Petit à petit, une véritable complicité s’installe entre eux. Anna n’imagine pas à quel point ce patient va changer sa vie…

AVIS

Le Patient a été une très belle découverte, tant sur le genre littéraire que sur l’esthétique. Je ne savais pas trop dans quoi je m’aventurais en acceptant de recevoir ce service-presse mais je voulais tenter car je ressens de plus en plus le besoin de lire autre chose. Ici, avec ce thriller/polar psychologique (si je puis le dire ainsi), j’ai découvert un univers totalement glaçant qui m’a vraiment pris par surpris et, surtout, en haleine ! J’ai énormément adoré l’univers assez noir dans lequel l’auteur nous plonge tout au long de notre lecture et je ne m’attendais pas à être retournée par cette lecture. L’intrigue est une vraie pépite et les dessins… Magnifiques ! Dès les premières pages nous assistons au bouleversement initial qui va poser les bases du roman graphique. La famille Grimaud fait parler d’elle jusqu’à ce qu’un terrible drame ne soit dans la bouche de tous… Le « massacre de la rue des Corneilles ». Pierre, alors âgé de 15 ans, assiste à la mort de sa famille et plonge dans le coma. Six ans plus tard, alors âgé de 21 ans, notre protagoniste se réveille, avec des souvenirs flous de cette nuit là. Souffrant d’amnésie partielle mais aussi de terribles terreurs nocturnes, accompagnés de paralysie du sommeil, Pierre n’arrive pas à se souvenir de l’agresseur, et ne cesse de voir une ombre noire menaçante au-dessus de lui. De ce massacre, avait également survécu sa sœur, Laura, qui s’était alors plongée dans un mutisme avant de se suicider quelques années plus tard… Vous l’aurez compris, ce massacre reste un mystère entier.

Pierre Grimaud va alors être suivi par une psychologue , Anna, qui s’était déjà occupée de Laura peu après le massacre. Anna va alors tenter de plonger Pierre dans des séances d’hypnose afin de faire remonter les souvenirs de cette nuit fatidique. Mais peu à peu, on voit se développer une relation malsaine entre ces deux personnages et la limite patient/psychologue, devient de plus en plus floue. Une vraie ambiguïté s’installe entre ces deux personnages avec une obsession partagée pour l’un comme pour l’autre. Pierre commence à ressentir des sentiments pour Anna, si bien qu’il les lui avoue au travers du mythe d’Actéon, qui d’ailleurs est un passage bien amené. Au fil de notre lecture, le récit est ponctué par les moments « présents » et les moments « passés », durant lesquels Pierre replonge dans ses souvenirs de famille jusqu’à remonter à la nuit du drame. Il va y avoir un profond changement dans l’intrigue qui marque un vrai tournant, peut-être un peu brusque mais efficace : lorsque le lecteur entre dans la tête de Pierre et voit l’histoire au travers de ses yeux.

BON, je sais, vous devez vous dire « Mais qu’est-ce qu’elle raconte celle-là… » Pourtant c’est vrai, peut-être que je le dis maladroitement mais j’ai vraiment eu la sensation de découvrir l’histoire au travers du regard de notre jeune patient puisqu’on a un accès direct à ses pensées et à sa vision des scènes. Chose assez flippante d’ailleurs, quand on voit de quoi il en retourne… Pendant une bonne partie de l’intrigue, j’ai pensé que l’auteur allait jouer la carte de la schizophrénie, et même si pour moi je mets ce nom sur ce que j’ai pu lire, l’auteur choisit d’écarter cette piste pour nous mettre sur le thème des « pulsions macabres ». Il y a une vraie introspection qui est faite et au fil des pages on ressent de plus en plus de noirceur : bref on est vraiment dans l’ambiance du thriller ! L’histoire est certes centrée sur Pierre, mais le lecteur rencontre également de nombreux personnages -d’autres accidentés/malades comme Pierre, mais aussi le corps médical de l’hôpital, un inspecteur de police à la retraite… Bref, il y en a pour tous les goûts !

J’ai vraiment l’impression que rien n’est laissé au hasard dans ce roman, même le plus petits des détails. Déjà, à commencé par la présence des oiseaux noirs/corbeaux, qui ont un certain symbole. Cependant, je ne pourrais en dire plus et c’est justement cela qui me frustre au plus haut point en écrivant cette chronique. Si j’en dis plus, j’ai vraiment peur de trop spoiler et ce n’est pas le but ici. Je peux simplement dire que l’auteur nous dévoile un univers glaçant mais aussi complexe, montrant que les relations humaines sont faites de curiosité, d’obsession mais aussi de manipulation, à un moment ou un autre. La relation complexe entretenue par Anna et Pierre en est la preuve, car non seulement la psychologue ressent quelque chose envers ce patient, mais elle a du mal à le tenir à distance. En écrivant notamment des romans sur cette affaire, on peut se poser la question de l’obsession… Et même en découvrant la fin du roman, cette idée de curiosité malsaine, voire morbide, persiste encore. Le lecteur est vraiment pris « au piège » dès le début et, pour ma part, je n’ai pas pu faire de pause dans ma lecture, il fallait que je connaisse la suite. Le roman s’ouvre sur une vision assez étonnante : une jeune femme, tâchée de sang, un couteau à la main, l’air hagard et le regard perdu… Que faut-il de plus pour attiser notre curiosité ? Ce côté « morbide » est suffisant en lui-même, comme si l’auteur l’avait parfaitement compris lui-même.

Le lecteur est ballotté de fausses pistes en fausses pistes tout au long de sa lecture. Jusqu’à refermer le roman, je n’aurais jamais pu prédire ce cheminement de l’intrigue, ni même ce choix. Pourtant à plus y réfléchir : bon sang, mais c’est logique et brillant ! Sans trop vous spoiler davantage, je m’arrête ici. Sachez juste que j’ai adoré cette lecture et j’espère pouvoir lire d’autres œuvres de cet auteur.

Merci pour votre lecture et prenez bien soin de vous.

2 commentaires sur “Le Patient – Timothé Le Boucher

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