La route froide, Thibault Vermot

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Une lecture de saison qui s’accorde bien avec le froid venu s’installer progressivement dans notre quotidien, et un texte un peu plus « sombre » pour changer les habitudes : Thibault Vermot nous emmène au coeur de l’immensité des montagnes et forêts, là où le silence règne en roi solitaire.

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I N F O R M A T I O N S
la route froide – THIBAULT VERMOT
 2019
ÉDITEUR : ÉDITIONS SARBACANE
NOMBRE DE PAGES : 164
GENRE : JEUNESSE / thriller
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★★★★★

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RÉSUMÉ

Ce matin, Jonah se réveille seul chez lui ; ses parents sont partis chercher des plumes d’oie pour fourrer des oreillers. Qui a besoin de plumes d’oie en 2018 ? Il faut dire que Papa et Maman ont lâché leur job en Californie et sont partis à l’autre bout du monde, dans le Yukon. Mais Jonah en a assez de vivre dans une pièce de 30m² ; aussi ce matin-là décide-t-il de partir en reconnaissance dans la forêt. Il fait un temps de morse, un froid à couper la peau ; mais Jonah a pris toutes les précautions nécessaires. Il suit la piste fine comme un cheveu dans l’immensité blanche… Peut-être bien que le vieux Stegner avait raison. Peut-être bien que Jonah aurait dû rester à distance de cet endroit.

AVIS

Il est certain que ce livre donne froid dans le dos : tant par son aspect esthétique assez « sombre » (et pourtant magnifique) que par ce résumé qui nous intrigue et qui pose déjà un aspect assez « curieux » pour ce roman. Thibault Vermot est un auteur que j’ai découvert cet été, donc sa plume reste assez récente, et j’avais eu un énorme coup de cœur pour son roman Fraternidad. Malheureusement, le coup de cœur n’est pas présent pour La route froide, je n’ai pas retrouvé cette « étincelle » que j’avais éprouvé, ni ce grand engouement en lisant les quelques pages de ce petit roman (graphique ? Je ne sais pas vraiment si nous aller jusque là). En tout cas, c’est une lecture intéressante qui balaie un large spectre au niveau des thématiques et qui, dans cette lignée, peut faire écho au film Into the Wild.

Ainsi, en ouvrant les premières pages nous découvrons Jonah, jeune adolescent dont la vie a basculé six mois plus tôt : habitué au grand appartement, nouvelles technologies et à la vie « civilisée », urbaine, ses parents décident de tout plaquer (boulot, lieu et mode vie) pour aller se perdre dans le Yukon et les grandes montagnes, là où règnent le froid, la neige et le silence. C’est une nouvelle vie qui débute pour cette famille, dans une petite cabane où tous vivent dans la même pièce, où il faut apprendre à pécher, où rien d’industriel n’existe aux alentours (30km au moins) mais où une certaine solidarité persiste avec les voisins qui s’avéreront être des ressources et aides précieuses. Il est vrai que dans toute cette histoire, Jonah semble un peu perdu, pourtant le jeune homme aime apprendre de ses mains et a énormément de projets pour agrandir la cabane. Un jour où ses parents sont allés faire une course qui leur prendront la journée entière, Jonah se prend à affronter le froid pour aller découvrir une île, au cœur de la forêt. Le froid est mordant, a vous congeler les cils, mais Jonah persiste et s’aventure de plus en plus dans la forêt. Bientôt, réalité et hallucinations s’entremêlent et le jeune garçon se retrouve complètement déroutée. La simple balade se transforme en véritable cauchemar.

Thibault Vermot a une plume très en finesse, encore une fois, et nous décrit des paysages comme si nous y étions, de telles sortes à nous faire ressentir les émotions de Jonah avec un certain côté exacerbé. L’immensité des paysages et le froid mordant semblent nous atteindre directement au fil de notre lecture, quitte à penser que nos doigts sont tout aussi congelés que ceux de Jonah. On a qu’une envie : que Jonah rentre sain et sauf chez lui. Cependant, je n’ai pas vraiment compris l’intrigue principale de ce roman et j’ai trouvé que certains passages traînaient en longueur. Je n’irais pas jusqu’à dire que j’ai éprouvé de l’ennui mais je n’en étais pas loin. La chute finale est assez étrange, à mes yeux, mais parvient à faire écho à des passages du livre. Je me demande même s’il y aura une suite car, selon moi, la fin laisse penser qu’une suite est possible. Bien qu’elle arrive assez rapidement, la fin constitue un retournement de situation assez sympa à lire, même si je la trouve très expéditive.

J’entrevois également certaines critiques face à la société de consommation dans laquelle nous évoluons, et notamment au travers des parents de Jonah qui décident de tout plaquer pour se retrancher dans la nature, être loin des artifices, de l’argent, des technologies et adopter un mode de vie qui tend à être plus « simple ». C’est notamment dans ces premières pages que j’ai entrevu ce rapprochement avec le film Into the Wild. L’ ambivalence et l’ambiguïté présentes autour de la réalité – de l’imaginaire – des hallucinations de Jonah sont très pesantes et offrent une atmosphère totalement glaçante et oppressante pour le lecteur. Sur ce point là, j’ai vraiment frissonné : l’auteur a vraiment un talent pour communiquer des émotions et pour nous sortir de notre zone de confort. Les différentes illustrations qui jalonnent notre lecture capturent toutes un passage du récit et parviennent à le retranscrire dans une froideur et pourtant de manière magnifique : le style de Alex Inker est exceptionnel. Le livre en tant qu’objet artistique est très réussit et je suis particulièrement fan de cette couverture noire avec les écritures blanches / argentées qui jouent sur l’effet du froid, de la solitude également.

Vous l’aurez compris, cela reste une lecture en demi-teinte pour moi. Je n’ai pas complètement réussi à me plonger dedans. Cependant, j’ai encore un livre dans ma PAL de cet auteur, j’ai hâte de vous en reparler.

Merci pour votre lecture et prenez bien soin de vous.

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