Ceux qu’il nous faut retrouver – Joan He

-bonjour – bonsoir 💌

Une des dernières parutions de Lumen qui a su trouver son public ! Aujourd’hui je vous parle plus en détails du roman de Joan He, qui a été une « révélation » même si je reste assez déçue de plusieurs aspects de ma lecture. Un récit dystopique qui prend aux tripes mais dont l’effet final retombe trop vite.


RÉSUMÉ

C’est une histoire de vengeance… Il y a près de deux siècles, Marguerite, Aurora et Hazel Swan, trois jeunes femmes belles, libres et Les dominos sont en place depuis des siècles déjà… Un tremblement de terre et ils vont tous tomber.
Piégée sur une île déserte depuis trois ans avec pour seule compagnie une petite androïde, Cee ne se rappelle plus rien de sa vie d’avant. Rien… si ce n’est qu’elle a une sœur qui l’attend là-bas, quelque part de l’autre côté de l’océan. Elle le sent dans la moelle de ses os : il lui faut à tout prix échapper à cette île pour aller la retrouver. Mais comment ?
Un monde plus loin, Kasey Mizuhara vit dans une cité dans les nuages, conçue pour protéger l’humanité des désastres naturels qui se succèdent sur terre. Fille des deux fondateurs de la ville flottante, elle pleure la disparition de sa sœur Celia, adorée de tous, fascinée par le monde extérieur, qui a pris trois mois plus tôt un bateau et mis le cap vers le large, sans plus jamais donner signe de vie. Mais soudain, un matin, la présence de Celia est repérée quelque part en ville. Kasey s’enfonce dans les entrailles du monstre, bien décidée à percer les secrets de son aînée – il faut dire qu’elle n’en manquait pas – pour pouvoir enfin la serrer de nouveau dans ses bras.

AVIS


Alors… Je vous avoue que j’ai lu ce livre en février et je n’arrive toujours pas à savoir quoi ressentir pour ce récit. D’un côté j’ai été prise de court, fascinée par le déroulement du récit et la construction même de l’histoire. De l’autre… je ne sais pas comment expliquer mais j’ai été parfois assez mal à l’aise et j’ai trouvé que le récit se dispersait énormément au fil des intrigues, créant une fin assez… prévisible, gâchant alors l’effet de surprise. Je trouve que les thématiques liées autour du climat, de l’avenir de la planète, de l’empreinte de l’homme sont des thématiques intéressantes, essentielles, permettant de dénoncer les choses et de nous faire un électro-choc pour que le lecteur se réveille. Mais d’un autre côté, il y a tout cet aspect moraliste que j’ai trouvé assez culotté (c’était peut-être l’effet recherché) quand on voit la vie dans ces « éco-cités », avec toujours ce même rapport au pouvoir, à la hiérarchie.

Sur le fond, je trouve ça vraiment important de se questionner, de questionner nos rapports à l’environnement, au climat, à la préservation de notre planète… Mais il y a tout l’aspect « vie virtuelle », vie dans les différentes strates, l’accès aux droits, l’accès à la santé, à la « survie » qui m’a pour le coup interrogé sur l’égoïsme même de l’humanité et la morale qui est que c’est toujours les gens les plus riches, les plus avantagés socialement, qui auront accès à une belle vie. Le reste n’a qu’à se débrouiller ! Bon, vous me direz que le principe de la SF, c’est de pousser à la réflexion et de nous faire sortir un peu de notre zone de confort, en nous mettant un peu face à tout ce qui dérape dans notre société, et à nous montrer les extrêmes possibles. Avec ce bouquin, c’est gagné !

Pour parler rapidement de l’histoire : Cee est une naufragée sur une île déserte. Elle est y bloquée depuis 3 ans et son but est de retrouver sa sœur, seule souvenir de sa vie d’avant. Parallèlement, nous suivons l’histoire de Kasey, qui fait face à la disparition brutale de sa sœur Célia. Kasey vit dans les éco-cités, des cités créées pour sauvegarder au mieux l’environnement et limiter l’impact de l’empreinte humaine sur la planète. Dans ces cités, on incite les gens à vivre le plus virtuellement possible. Ainsi nous suivons l’histoire des deux sœurs, qui créent alors une boucle temporelle dans le récit et qui font que « waouh : c’est classe ! ». Au fur et à mesure de notre lecture, on se rend progressivement compte que l’histoire de l’une et de l’autre sont intrinsèquement liées et qu’on comprend chaque histoire au travers de l’autre. Donc pour tout comprendre, il est clair qu’il faut s’accrocher et aller jusqu’au bout de ce récit.

Cependant, même si c’est un récit réellement envoûtant, avec du potentiel et qui traite de thématiques essentielles, j’ai trouvé qu’il y avait quelques problèmes :

  • un problème d’équilibre car la grande révélation arrive vers le milieu du récit. Je pense avoir fait un blocage dessus parce que tout ce que je voyais arriver par la suite était réellement prévisible et ça m’a gâché l’effet de surprise
  • les multiples intrigues qui se croisent, qui prennent des chemins différents et qui perdent peu à peu le lecteur. Il y a des intrigues qui m’ont semblé saugrenues et je n’ai pas compris (je ne comprends toujours pas) les choix narratifs et le pourquoi du comment ces intrigues existent
  • c’est un récit complexe, avec un univers dense. Honnêtement, si je l’avais lu en anglais, je pense que je n’aurais absolument rien compris au vocabulaire déjà très technique dans l’édition française. Je pense que c’est un livre à lire mais qu’il faut accepter de ne pas avoir toutes les clés en main au début du récit et donc de ne pas tout comprendre… Sinon vous allez être aussi frustré.e.s que moi et cela va ruiner votre expérience de lecture.

Alors est-ce que j’ai passé un bon moment ? Oui, assurément. J’ai été envoûtée par ces deux sœurs, très différentes l’unes de l’autre mais qui, pourtant, partagent un lien tenace. Célia est extravertie, ouverte au monde tandis que Kasey ne montre jamais ses émotions (en ressent-elle ?) et est assez antipathique. J’ai été totalement fascinée par l’univers, car même s’il est complexe au possible, il est surtout très réaliste et nous retourne vraiment le cerveau. J’étais toujours attirée par ce livre, donc j’ai vraiment accroché au récit, à l’intrigue. Le récit est dynamique, les personnages sont tout de même assez attachants et la structure du récit fait qu’on veut en savoir plus. Mais je ne sais pas… J’ai un goût d’inachevé, un goût amer car la fin du récit n’en est pas vraiment une selon moi. C’était prometteur mais tout est retombé comme un soufflé… Les dernières pages sont intenses, il y a beaucoup de révélations et… c’est là que ça part dans tous les sens ! Je me suis perdue dans toutes les révélations et dans toutes les intrigues. C’était trop, et ça donnait un rendu très brouillon.

Une bonne lecture, avec de bonnes idées mais le tout ensemble rendait parfois le récit laborieux, lent et vraiment fastidieux. Voilà, c’est tout pour cette chronique ! Merci pour votre lecture et à très vite.


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