Engrenages et sortilèges – Adrien Tomas

-bonjour – bonsoir 💌

J’ai beaucoup à dire sur un cet ouvrage jeunesse. Je crains que cette chronique soit extrêmement dépréciative et aborde un point problématique du récit : la grossophobie.


RÉSUMÉ

Grise et Cyrus sont élèves à la prestigieuse Académie des Sciences Occultes et Mécaniques de Celumbre. Une nuit, l’apprentie mécanicienne et le jeune mage échappent de justesse à un enlèvement. Alors qu’ils se détestent, ils doivent fuir ensemble et chercher refuge dans les Rets, sinistre quartier aux mains des voleurs et des assassins. S’ils veulent survivre, les deux adolescents n’ont d’autre choix que de faire alliance…

AVIS


NOTA BENE : Cet article n’a pas pour but de lancer un circuit de harcèlement sur l’auteur. C’est un article où je m’exprime et dans lequel j’explique pourquoi la lecture de ce livre a été pénible. Je ne fais pas ça pour « descendre » l’auteur, mais pour mettre en avant un point qui peut blesser des lecteurs / lectrices… surtout les plus jeunes. L’auteur s’est excusé sur Twitter, et même si je ne suis pas totalement ok avec la manière, il s’est remis en question et assume totalement.

Si vous me suivez sur instagram, vous avez certainement suivi mes (més)aventures durant la lecture de ce livre. Avant de vous dire mon avis, je veux être claire : j’étais réellement impatiente de lire ce livre. J’avais déjà rencontré la plume de l’auteur dans son ouvrage Les dossiers du Voile que j’avais beaucoup aimé à l’époque. Lors de la dernière édition de la foire du livre de Brive, j’ai pu rencontrer Adrien Tomas, discuter avec lui et me faire dédicacer Engrenages et Sortilèges tout comme Dragons et mécanismes : donc oui, j’étais à fond quand j’ai embarqué le bouquin pour le lire pendant cet été.

Et… déception, surtout parce que l’univers est bien, mélange entre steampunk et fantasy, avec des ennemis qui deviennent amis, obligés de collaborer dans une quête qui les dépasse et qui concerne le bien commun.

De quoi parle Engrenages et Sortilèges ?

Engrenages et Sortilèges est un roman qui nous plonge au cœur d’un univers où la sorcellerie (magie) est en compétition constante avec la mécanique. Cyrus et Grise ne sont pas des exceptions à cela : tous les deux étudiants au sein de l’Académie de Celumbre, la meilleure de l’Empire. Rivaux, Cyrus est un sorcier issu d’une famille noble, sa mère ayant une place très importante aux côtés de l’Impératrice. Grise verse plutôt dans la mécanique, passion qu’elle partage avec son père qui est chef d’ingénierie pour l’Impératrice également (je ne me souviens plus des termes exacts, pardon !). Tous les deux sont donc issus d’un milieu social assez favorable, mais ils se détestent férocement. Cyrus n’hésite pas à humilier et harceler Grise dès qu’il le peut au sein de l’Académie… Chose que peut seulement accepter Grise car répondre serait « ébranler la confiance des magiciens » et ce serait vraiment terrible vous comprenez… ☹ (déjà ce petit point m’a fait grincer des dents)

Les chemins de Cyrus et de Grise vont être drastiquement entremêlés quand ils sont tous les deux ciblés par un enlèvement, au sein même de l’Académie, aka le lieu le mieux garder de l’Empire. Depuis plusieurs mois, des rumeurs courent sur la légende des bas-fonds de Celumbre : l’Arachnide, qui fait trembler les ruelles et les bonnes gens. Par un concours de circonstances, Cyrus et Grise vont devoir travaillés main dans la main pour l’Arachnide, afin de comprendre qui en a après eux, mais surtout qui en a après leurs parents : injoignables et surtout introuvables…

L’univers

L’univers de ce roman est, comme j’ai pu le dire, un mélange entre du steampunk, avec un brin de fantasy. On retrouve vraiment ces deux aspects qui cohabitent et l’auteur propose des nouveautés autour de l’utilisation de la magie qui innovent un peu et rendent le roman un peu différent des autres récits de ce genre. Dès les premières pages, on alterne les pdv entre Cyrus et Grise ce qui permet d’avoir une approche globale de l’histoire et la rendre plus dynamique. J’aimais beaucoup voir les failles des personnages, notamment Cyrus qui a quand même des difficultés pour maîtriser quelques arts de la magie. Grise, quant à elle, inspire une certaine empathie puisqu’elle n’est vue que dans l’ombre de son père, le merveilleux ingénieur de la cour impériale… Il y a de quoi craindre de ne pas être à la hauteur !

Alors pourquoi je suis saoulée de ma lecture ? Pourquoi j’ai grincé des dents ?

Au chapitre 10, l’auteur introduit pleinement le personnage de l’Arachnide. Et, là, j’ai commencé à subir ma lecture, car à chaque page, et dans les chapitres qui suivent et dans lesquels l’Arachnide est présente, l’auteur revient systématiquement au physique de l’Arachnide, à savoir une femme grosse, déplaisante à regarder.

Voici toutes les occurrences que j’ai relevées.

Ça fait mal.

Je ne suis pas la plus fine des femmes, si vous ne le saviez pas (mais on s’en fiche).

J’ai trouvé qu’il y avait une forme d’acharnement sur le personnage de l’Arachnide, puisque l’auteur insiste tellement (tellement tellement) de fois sur le fait que ce soit une femme grosse. Tous les prétextes étaient bons pour l’appeler la « grosse femme », « la grosse voleuse ». Et quand le mot grosse n’était pas dit, l’auteur utilisait un synonyme. Alors qu’il y a d’autres moyens (je pense) de faire référence à un personnage.

Je n’ai pas de problème à ce qu’il y ait des personnages gros dans des livres… J’ai simplement un problème avec la manière de les présenter – les écrire. Tu peux décrire le personnage en disant qu’il est gros, ça c’est compréhensible car c’est pour présenter le cadre et le personnage introduit. Cependant, là c’est plus que de la description… A mon goût. Tout était ramené au physique de l’Arachnide et ça en est tombé dans les clichés : donc elle est grosse, et, en plus, elle est déplaisante à regarder, et, en plus, elle a du mal à se déplacer… Bref, vous voyez ?

Continuer à lire un livre, qui s’acharne à ce point sur le fait qu’une femme soit grosse, laide, empotée… Je suis peut-être un peu maso ? Alors pourquoi j’ai continué de lire ? Parce que malgré tout ça, j’espérais qu’il y ait plus. J’espérais réellement que l’auteur en ferait plus qu’une femme grosse. A aucun moment dans son roman il ne montre ses talents, l’étendu de ses connaissances. Il fait une révélation « plot twist » à la fin du récit qui malheureusement m’a encore plus fait souffler.

Spoil  (surlignez)

[Donc l’Arachnide est la sœur disparue de l’Impératrice depuis toutes ces années. L’Impératrice qui est sublime, mais un peu cruche, face à cette sœur qui était intelligente mais bouboule.]

Pourquoi je suis autant déçue ?

Je suis deçue car le 15 août dernier j’ai publié mon post instagram qui reprend tout ce que j’aborde ici, dans cet article. Avant de publier mon post, j’ai tenté de joindre l’auteur en message privé via Twitter… Je n’ai jamais eu de réponses. Je ne sais pas si c’est parce que mon compte est en privé ? Ou si c’est parce que l’auteur n’a pas vu mon message mais dans tous les cas j’ai tenté de le contacter afin de parler avec lui des points que j’ai soulevés ici.

Le 22 août 2022, l’auteur publie un thread sur Twitter disant (je cite) « Récemment, poussé par la curiosité, je suis allé voir le nombre d’occurrences du mot « gros » dans E & S ».

La curiosité ? Est-ce vraiment une coïncidence ?

Je suis « reconnaissante » (c’est un bien grand mot), d’une certaine manière, que l’auteur se remette en question dans ce thread. Il aborde les points qui m’ont chagrinés tout au long de ma lecture…Il reconnaît clairement que la description de l’Arachnide ne fait référence qu’à son physique etc. Cependant je trouve ça tellement dommage que, dans ce récit, l’Arachnide ne soit restée que la « grosse femme ». Pour moi, à aucun moment dans l’histoire, on ne voit apparaître la femme badass, agile, calculatrice qu’elle est censée être. Parce que tout revenait, systématiquement, à son physique.

Je suis juste… Peut-être un peu déçue par la formulation de sa remise en question : par curiosité, il est allé voir […]. Il y a des chances qu’il ne soit pas tombé sur ma publication… Mais je trouve simplement que la coïncidence est trop « importante » pour ne pas laisser une place au doute.

Mais, encore une fois, tant mieux s’il y a eu remise en question… Son lectorat semble heureux de voir un auteur capable de faire cette démarche.

Conclusion 

Vous pouvez lire ce livre. Vous pouvez l’apprécier. Vous pouvez le recommander, le vanter, le vénérer, le sublimer. Mais juste : ayez conscience de ce que j’ai mis en avant.

Outre la grossophobie, l’univers reste sympa… Prometteur. J’aurais réellement pu adorer ce livre, car jusqu’avant le chapitre 10, c’était le cas.


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